Réconcilier l’autonomie constitutive et comportementale : le défi de la modélisation du processus de développement dans le paradigme de l’énaction en Sciences Cognitives

Vernon David
Langue de rédaction : Anglais
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Dans le paradigme de l’enaction en sciences cognitives, le développement joue un rôle crucial dans la réalisation de la cognition. Cette proposition va à l'encontre du fonctionnalisme computationnel et, en particulier, de l'hypothèse selon laquelle la cognition peut être obtenue en intégrant des connaissances préformées, posture sur laquelle sont fondées les approches cognitivistes et les systèmes d'intelligence artificielle classiques. La position enactive suggère une transition progressive de la capacité cognitive à la capabilité cognitive, mettant en évidence le rôle du développement dans l'extension de l'échelle de temps du pouvoir prospectif et du répertoire d'actions efficaces d'un agent cognitif. Nous passons en revue brièvement quelques conditions nécessaires pour le développement cognitif, en s’inspirant des exemples tirés de la psychologie du développement, en illustrant l’importance de l’aide instrumentale et de la collaboration dans l’ontogenèse des nourrissons, et en identifiant certains des éléments essentiels d'une architecture cognitive du développement. Nous nous concentrons sur le fait que les systèmes enactifs sont opérationnellement clos, autonomes et auto-entretenus. Par conséquent, des processus constitutifs sont en jeu tant au niveau organisationnel que comportemental. Concilier ces processus complémentaires pose un défi important pour la création d’un modèle complet de développement qui doit montrer comment l'autonomie constitutive est compatible avec (et peut même donner lieu à) l'autonomie comportementale. En conclusion, nous attirons l'attention sur des recherches récentes qui pourrait fournir un moyen de relever ce défi.