L’esprit des Lumières à l’époque du philosophical engineering

Stiegler Bernard
Langue de rédaction : Français
Product variations: 

Numérique(PDF)

Papier

Cette intervention invitée a été prononcée à l’occasion de la conférence mondiale du web, www2012, à Lyon en avril 2012. Elle pose la question des conditions requises pour que l’accès au web soit bénéfique pour les individus et pour les sociétés où ils vivent. La technologie numérique constitue le dernier stade de l’écriture et en tant que telle se révèle être un pharmakon qui peut tout aussi bien conduire à la destruction de l’esprit qu’à sa renaissance. La philosophie des « nouvelles lumières » que le numérique permet d’espérer s’accompagne d’une philosophie des nouvelles ombres portées par le pharmakon numérique. Le système technique numérique est ici appréhendé avant tout comme un dispositif de publication et d’éditorialisation planétaire et contributif formant une nouvelle chose publique – res publica. Ce dispositif est le dernier stade du processus de grammatisation entamé avec l’écriture et décrit par Sylvain Auroux. De l’alphabet au numérique, les traces produites par la grammatisation sont des rétentions tertiaires qui modifient le jeu des rétentions primaires et secondaires telles que les analysait Edmund Husserl. La rétention tertiaire et sa grammatisation sont les conditions de ce que Michel Foucault décrivait comme la condition archiviologique du savoir. Dans ses analyses du reading brain et du digital brain, Maryanne Wolf décrit les conditions et les effets neuronaux des stades de la grammatisation – où l’on fait apparaître que la « thérapeutique » sociale du pharmakon numérique suppose de le mettre au service d’une individuation collective contributive



Pour citer cet article :

Stiegler Bernard (2015). L’esprit des Lumières à l’époque du philosophical engineering. In Mille Alain (Eds), De la trace à la connaissance à l’ère du Web, Intellectica, 59, (pp.n/a), DOI: n/a.