La déréalisation pharmacogénique en tant qu’EMC paradigmatique

González Juan C.
Langue de rédaction : Français
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Bien que le concept d’état modifié de conscience (EMC) soit problématique quant à sa définition, sa portée et ses limites, il est indéniable que les EMC existent. Comme exemple concret de cela je vais aborder ici le cas de la déréalisation induite par la prise de substances psychotropes. Il s’agit tout d’abord de décrire, surtout dans un registre phénoménologique, les effets de certaines substances dites ‘hallucinogènes’ sur le psychisme humain – notamment l’effet de déréalisation, que l’on peut définir comme la perception ou l’expérience du monde extérieur lorsque celui-ci est ressenti comme irréel, éloigné, étrange ou vidé de sens. Ensuite, je rapprocherai la phénoménologie et l’épistémologie de la perception en me focalisant sur la relation qui existe entre les contenus d’expérience sensorielle et leur conceptualisation. Ceci devrait permettre de comprendre le phénomène de déréalisation en tant que relation défaillante entre l’expérience du monde et la conceptualisation qui (normalement) lui octroie un sens. Enfin, j’ébaucherai une théorie d’inspiration kantienne et enactiviste pour tenter d’expliquer comment le sens de réalité surgit chez l’être humain et, par là même, comment ce sens peut se perdre ou se dégrader. De manière plus générale, dans ce travail je cherche à montrer que les phénomènes psychiques issus de l’emploi de substances hallucinogènes sont une voie optimale pour étudier les EMC de façon rigoureuse et productive, que ce soit sur un plan scientifique ou philosophique.



Pour citer cet article :

González Juan C. (2017). La déréalisation pharmacogénique en tant qu’EMC paradigmatique. In Dumas Guillaume & Fortier Martin & González Juan C. (Eds), Les états modifiés de conscience en question: anciennes limites et nouvelles approches, Intellectica, 67, (pp.81-95), DOI: n/a.