Le pragmatisme et les concepts de la perception : l’iconicité en action

Gaultier Benoit
Langue de rédaction : Français
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Les concepts impliqués dans le jugement perceptuel sont d’après Peirce de la nature d’une « photographie composite ». Leur iconicité se trouve au fondement, comme le remarque Hookway, des capacités recognitionnelles qu’ils confèrent et de notre capacité à anticiper le cours futur de l’expérience. Mais 1) comment concilier cette iconicité des concepts avec leur invisibilité phénoménale ? 2) La théorie de la perception de Peirce ne reconduit-il pas les difficultés rencontrées par celle de Berkeley, dont elle est proche sous bien des aspects? 3) Comment comprendre la distinction de la perception et l’imagination, qui plus est alors que Peirce soutient qu’aucune différence ontologique fondamentale ne les sépare? Ces questions et difficultés peuvent être (en partie) résolues en mettant en relation la théorie peircienne de la perception à celle des « systèmes de symboles perceptuels » de Lawrence Barsalou. Selon cette théorie, l’absence d’iconicité des symboles amodaux que sont censés être nos concepts est ce qui entraîne leur inutilité pratique et cognitive : ils ne permettent pas d’interagir avec succès avec les entités qu’ils sont censés représenter parce qu’ils ne permettent pas de les identifier. Ils y parviennent au contraire en étant de nature telle qu’ils réactivent l’expérience perceptuelle (multimodale) que nous avons eue de ce qu’ils représentent. Leur iconicité permet de plus d’informer l’expérience que nous en avons. Corrélativement, les théories de la perception de Peirce et de Barsalou conduisent à l’idée d’un enracinement pratique fondamental des concepts activés dans la perception.



Pour citer cet article :

Gaultier Benoit (2015). Le pragmatisme et les concepts de la perception : l’iconicité en action. In Steiner Pierre (Eds), Pragmatisme(s) et sciences cognitives, Intellectica, 1, (pp.n/a), DOI: n/a.