Modérer l’autonomie : l’interactivité humaine dans un monde social émergeant.

Cowley Stephen J.
Gahrn-Andersen Rasmus
Langue de rédaction : Anglais
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Cet article présente une critique de certaines tentatives énactivistes récentes qui cherchent à surmonter le hiatus épistémologique entre l’individuel et le social (c’est-à-dire à combler  l’écart entre le macro- et le micro). La thèse centrale de l’article est qu’une vision démesurément enflé de « l’autonomie » ne peut qu’induire en erreur. L’examen de deux contributions fait apparaître que le modèle de Varela est emprunt de solipsisme méthodologique. Ce modèle conduit De Jaegher & Di Paolo (2007) à attribuer une connaissance sociale à des perturbations – à savoir, des contingences dont la logique émerge de la clôture organisationnelle d’un individu. Par ailleurs, il mène Steiner & Stewart (2009) à affirmer que les prédispositions d’un monde organisationnellement clos incitent les individus à « recevoir » des normes partagées. Selon notre perspective déflationniste, au contraire, ni la clôture organisationnelle ni la création de sens participative ne s’appliquent à l’essentiel de la cognition humaine. Au lieu de cela, nous invoquons un processus développemental basé sur l’auto-entretien récursif qui est à l’œuvre dans tous les systèmes organisme/environnement (y compris chez les bactéries). Les humains s’en différencient dans la mesure où les jeunes enfants découvrent des manières d’utiliser avec savoir-faire leur expérience phénoménale : ils apprennent à formuler des prédicats à propos de leur expérience vécue. En tant qu’observateurs, ils connectent les ressources impersonnelles de la culture (artefacts, institutions, langues, etc.) à une constante activité sociale et environnementale. Ce type proprement humain d’hétéronomie relie les processus sociaux à des systèmes agent/environnement qui sous-tendent – et sont sous-tendus par – des modes de vie historiquement définis. Loin d’être organisationnellement close, les sujets humains dépendent de l’usage d’incitations sensorimotrices pour relier le phénoménal à l’impersonnel et pour ouvrir sur une réalité partiellement partagée, et partiellement vécue.



Pour citer cet article :

Cowley Stephen J., Gahrn-Andersen Rasmus (2015). Modérer l’autonomie : l’interactivité humaine dans un monde social émergeant. In Stewart John (Eds), Cognition et Société : l’inscription sociale de la cognition, Intellectica, 66, (pp.n/a), DOI: n/a.