Soumission libre

Comment ne pas entrer dans le problème difficile de la conscience ?

Anselin Gautier
Langue de rédaction : Français
DOI: n/a
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Une grande partie de la philosophie de l’esprit contemporaine est consacrée à l’étude et aux tentatives de résolution du problème difficile de la conscience (Chalmers, 1996). Il s’agit de comprendre pourquoi, lorsque certains processus physiques ont lieu dans le cerveau, le sujet a une expérience consciente qui présente un caractère phénoménal ; l’état dans lequel il est lui fait un certain effet (Nagel, 1974). L’ambition de cet article est de montrer, dans la filiation de Descombes (1995) et Hacker (2013), qu’on peut refuser d’entrer dans ce problème, parce qu’il repose en réalité sur des constructions intellectuelles intenables qui abusent notre imagination. D’une part, l’idée du jumeau zombie, supposée nous permettre d’isoler la conscience phénoménale, est incohérente (sans qu’on puisse en tirer une conclusion physicaliste) ; et d’autre part, l’opposition entre concepts fonctionnels et concepts phénoménaux, dont les philosophes de l’esprit se demandent s’ils visent deux dimensions différentes de nos états mentaux (dont le zombie n’aurait qu’une) ou sont deux voies d’accès épistémiques à la même réalité, est mal construite et déforme nos concepts psychologiques, qui sont de nature expressive.



Pour citer cet article :

Anselin Gautier (2025/2). Comment ne pas entrer dans le problème difficile de la conscience ? In Soumissions libres (Eds), Intellectica : Numéro 83, Intellectica, 83, (pp.165-185), DOI: n/a.