L’insoutenable légèreté de l’écriture à l’ère postdigitale
DOI: n/a
Cet article explore la tension entre les discours médiatiques dominants et les pratiques littéraires émergentes impliquant l’IA générative en Suède. À l’ère postdigitale, où la co-écriture entre l’humain et la machine devient techniquement et esthétiquement possible, un écart se creuse entre le paysage littéraire traditionnel, centré sur l’imprimé, et les tentatives expérimentales d’intégrer l’IA à l’écriture créatrice. Pour étudier ce décalage, l’article compare les réactions médiatiques à deux publications suédoises récentes, Ammaseus horisont (2020) un recueil de poésie généré par IA, et Mod och Motstånd i en föränderlig värld (2023), un ensemble de nouvelles coécrites. Une double approche méthodologique est mobilisée, qui consiste en une analyse du discours critique des médias et une analyse littéraire des aspects représentatifs des deux œuvres. Les résultats montrent que le principal défi n’est pas l’automatisation de la littérature, mais la manière dont la collaboration créatrice entre humains et machines peut être mise en œuvre et interprétée. Les publications suédoises sélectionnées révèlent que les intentions humaines, les conventions génériques et le jugement esthétique demeurent essentiels dans la création littéraire assistée par IA. Plutôt que d’effacer l’auteur humain, les modèles génératifs proposent de nouvelles formes d’activité créatrice partagée, qui exige de l’écrivain comme du lecteur un regard critique qui mette en lumière le processus autant que le résultat final. Cette étude contribue au champ des études littéraires postdigitales en développement en suggérant que le statut d’auteur à l’ère de l’IA se redéfinit comme une redistribution du travail créateur, et non comme une perte de contrôle.
Pour citer cet article :
Lindberg Ylva (2025/2). L’insoutenable légèreté de l’écriture à l’ère postdigitale. In Soumissions libres (Eds), Intellectica : Numéro 83, Intellectica, 83, (pp.117-140), DOI: n/a.